Dire d'une personne, d'un objet, ou même d'une idée qu'il est beau c'est lui reconnaitre une certaine propriété jugée comme positive : la beauté. Mais celle-ci n'est pas d'ordre scientifique : on ne peut affirmer qu'un objet est beau par les seules lois de la physique ou des mathématiques. Elle n'est pas d'ordre moral : un homme beau n'est pas nécessairement un homme vertueux. Elle n'est pas non plus d'ordre pratique : un bel objet n'est pas obligatoirement utile. Elle est esthétique au sens kantien c'est à dire qu'il appartient à l'individu seul de juger de ce qui est beau en fonction de ses sentiments. Dès lors la réflexion sur le beau pose des difficultés particulières.
La distinction entre ce qui est beau et ce qui ne l'est pas varie suivant les époques et les individus. Ce que l'on entend même par sentiment du beau diffère selon les penseurs et bien des cultures n'ont pas de mot qui corresponde exactement au beau du français actuel. On considérera ici le beau comme le concept fondamental de la philosophie esthétique occidentale : est beau ce qui sur le plan esthétique est totalement satisfaisant. C'est sur ce présupposé que cet article tentera de donner un aperçu de ce que les hommes jugent -ou ont jugé- beau, et de donner à la notion de beauté une consistance philosophique.
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